Le Prieuré St Hilaire du Tertre          par Alain Monnié
Couvent Saint Hilaire             Mise à jour 16 novembre 2012     téléchargez un document PDF sur le prieuré

De quoi parle t'on ?
Sur les cartes IGN, à mi-chemin entre Lavau et Rohars en bord de Loire, au lieu-dit dénommé aujourd'hui le Tertre Rouge, sont signalées les Ruines du Couvent St Hilaire.
La dénomination "rouge" est récente, les documents anciens ne l'utilisent pas. Il s'agit d'une erreur de l'IGN, peut être influencée par la proximité de Pierre Rouge dans la Loire. Or cette appellation est elle même une déformation récente de Pierre Auge.

En réalité il n'y en a plus de ruines depuis longtemps.
D'ailleurs en 1695, déjà, il ne restait plus que de vieilles masures en bord de Loire.

Il s'agissait en réalité d'un prieuré dépendant de l'abbaye de Blanche Couronne
Par couvent ne pas imaginer une
abbaye mais seulement une structure simple (maison, chapelle, grange et jardin) où résidaient des moines sous l'autorité d'un prieur.

Un prieuré dépendant d'une abbaye, en l'occurrence ici Blanche Couronne, est une administration de biens. Peuvent y résider des moines dont le nombre dépend des de l'éloignement de l'abbaye et des tâches qui peuvent leur être affectées.
Un prieur régulier (du latin prior c'est à dire le premier d'entre eux) est nommé qui récolte les profits pour l'Abbaye de rattachement soit en nature, soit sous forme de rente ou les deux à la fois.
Par la suite des prieurs commendataires ecclésiastiques ou laîcs sont nommés pour leur propre bénéfice à charge pour eux de reverser une partie des revenus à l'abbaye de rattachement, ce qui fut souvent une source de conflit.

Dom Hertor Vigor fut en 1595 le dernier prieur régulier de St Hilaire du Tertre.

La commende se disait aussi d'un bénéfice donné par le roi à un ecclésiastique ou à un séculier pour une abbaye avec permission de disposer des fonds sans obligation d'y résider.

Dans les obligations liées aux bénéfices il y avait des messes qui devaient être régulièrement célébrées. Ce qui explique dans certains cas, à Rohars par exemple, que des chapelles aient pu subsister bien après l'abandon des bâtiments d'habitation. C'est dans l'église de Bouée, par contre, que le service lié au prieuré du Tertre était assuré après la ruine de la chapelle, sans doute dès le milieu du XVIe.



extrait d'un plan non daté (XVIIIe ?)
numérisé sur le site du conseil général

L'abbaye de Blanche Couronne
Une page sur l'abbaye
et Le site
des compagnons
de Blanche Couronne
Est-ce à dire que le site présenterait peu d'intérêt ?
Certainement pas. Il suffit de se rendre au Tertre Rouge en bord des roselières pour être séduit par ce lieu qui aussi fait partie intégrante de l'histoire de Bouée.


Le Tertre rouge
( la dénomination "rouge" est récente et son origine inconnue, les documents anciens ne l'utilisent pas. peut être un excès de zèle des cartographes de l'IGN !
A rapprocher de "Pierre rouge", rocher proche dans l'estuaire et qui est une déformation de "Pierre Auge"
)

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Les origines
Certains documents désignent le bénefice sous le titre de Prieuré ou grange de Saint Hilaire du Tertre, "prioratus seu grangia divi Hilarii de Clivo, alias du Tertre"
Le mot de grange, utilisé quelquefois pour désigner un prieuré, atteste bien de l'origine agricole de Saint Hilaire du tertre.

Le prieuré a du être fondé au XIIème siècle par les générosités des seigneurs de Lavau.
Le cartulaire de Blanche Couronne confirme des donations faite en 1201 par le seigneur Alain de Lavau, peut être la terre nécessaire à son édification ce qui repousserait au début du XIIIème siècle sa naissance.
D'autres donations en 1218 et 1222 porte le nom de son fils Pierre de Lavau .
En 1390, on retrouve la mention d'un certain "Jean André, Prieur du Tertre, "Prior de Terto"

Le prieuré a été dédié à Saint Hilaire de Poitiers.
Or dans le cartulaire de l'abbaye Saint Cyprien de Poitiers une chartre rédigée aux alentours de 1075 parle des biens donnés à cette abbaye par Escomardus de Laval (Lavau).
Ces terres, champs, bois etc. sont situés au Tertre et les droits seront sans doute récupérés par la suite par l'abbaye de Blanche Couronne et gérés par son prieuré qui portera le nom de Saint Hilaire ancien évêque de Poitiers.
Dans cette chartre l'étier du Sil porte déjà son nom, Hestuario Sil , il y a presque mille ans !

Les différents aveux rendus pour le prieuré depuis le XVè siècle, en déterminent minutieusement les dépendances et les revenus situésdans les paroisses de Lavau, Bouée et Savenay. Entre autres
La chapelle, la maison priorale, grange, taitries, jardin, cours et pourpris dudit Prieuré
du Tertre, situé en la paroisse de Lavau,confronté des deux côtés la prée et domaine dud, prieuré et d'autre côté la rivière de Loire.

ce qui donne :
La chapelle, la maison prieurale, grange, taitries
(étables), jardin, cours et pourpris (enclos) du Prieuré du Tertre, situé dans la paroisse de Lavau, entre d'un côté la prée (grande prairie) et le domaine du prieuré et de l'autre côté la Loire

Item, la Prée et enclos dud, prieuré, le tout en un tenant cernoyé de ses douves et fossés, dans lequel sont situés lesd. chapelle, maison et pourpris ci-devant déclarés, borné d'un bout, lad. rivière de Loire, d'autre bout, en partie les prés de la Couëtte et pré clos dépendant desd. prieuré et domaine partie, d'un côté, le grand étier de Lisy, dépendant dud. prieuré au droit d'icelui, d'autre côté, et la prée de Rohard appelée les Guérinais et vallée du Bois.

ce qui donne :
Ensuite, la Prée et l'enclos du prieuré, en un seul tenant, cerné de douves et de fossés dans lequel sont les chapelle, maison et pourpris (enclos) cités auparavant, borné d'un bout par la Loire et de l'autre en partie par les prés de la Couëtte1, le grand étier du Syl et la prée de Rohard2 appelée les Guérivais et vallée du Bois3.
1 - parcelles de la prée de Billac qui jouxtent le pré du Grand Tertre
2 - la prée de Rohard ne désigne pas ce que nous entendons actuellement sous ce nom, mais les communs de Rohars, les prés autour du village
3 - vallée du Bois est un toponyme inconnu, probablement à la place de vallée du Pas
(1-2-3 : informations Bernard David)

On reconnait bien la situation du Tertre dans cette description.

Une chapelle, une maison, une grange, des étables, un jardin, un enclos...,
voilà la description exacte du lieu à Bouée désigné sous l'appellation de Couvent St Hilaire.

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La situation géographique
Le prieuré a été construit sur un rocher émergeant au bord du lit navigable de la Loire tout comme Rohars.
A examiner la taille de ce rocher on s'aperçoit bien que les constructions n'y pouvaient qu'être modestes
L'étier du Syl, les eaux de l'estuaire de la Loire séparant l'abbaye Blanche Couronne de la plupart de ses biens et plus généralement les difficultés de déplacement ont été à l'origine de ce prieuré qui permettait aux moines d'être au plus près de leurs propriétés.
Ce lieu aurait pu servir de refuge isolé aux marins malades mis en quarantaine et remontant l'estuaire
Ceci expliquerait, selon certaines hypothèses, l'appellation "rouge" qui définit le Tertre.
Cette appellation est cependant récente, les documents anciens ne parle que du Tertre sans préciser rouge.

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Des traces du prieuré ?


Le rocher est bien visible

L'histoire
L'enclos du prieuré dont il est question est bien situé sur le rocher du Tertre et la liste des biens du Prieuré montre que beaucoup de ceux-ci sont situés en fait sur le territoire actuel de la commune de Bouée.

En exemple, les possessions vinicoles du prieuré en 1469 sont celles-ci:
- Le clos de vigne au Moine en vin rouge sur le chemin de la croix du Margat (croix des Margats) au village de Couestas (Couëbas)
- Les clos de vigne du Désert, de Chippes, de la Carrée, de la Pierre (le Perron?) de la Basilais (Bazillais) et de la gaignerie des Chateaux
- Les clos appelés les Nouelles et les Chaudronnelles près du Clos de Margat

également une pièce appelée "Teste de Porc",
Située dans la prée de Rohard est bornée vers l'orient (Est) par les douves et fossés de l'enclos du Prieuré du Tertre , vers le ponant (soleil couchant à l'ouest) par un pré dépendant de la chappellenie du Crapiaud (Le Gué)

Dom Hector Vigor
En 1595
Dom Hector VIGOR est le dernier Prieur régulier de Saint Hilaire du Tertre en Lavau, le dernier moine de l'abbaye de Blanche Couronne a occuper cette obédience monastique.

Dom Hector VIGOR nommé Prieur de Saint-Hilaire du Tertre en 1595 :
Un personnage haut en couleurs qui va s'assagir...

     Le Prieur claustral de Blanche Couronne, Dom François Paris dresse un procès-verbal en règle au Frère Dom Hector Vigor, en 1564, pour le conduire devant le Vicaire Général de l'Evêque, mais l'affaire n'aboutira que sous Mgr Philippe du Bec, en 1572.
          « La manière de vivre de Frère Hector Vigor, soi-disant religieux de Blanche Couronne.
      Le 14 décembre 1563. J’ai voulu admonester Frère Vigor pour l'empêcher de courir jour et nuit comme il en a l'habitude et de bruire comme il fait a l'office divin... Sa chambre est continue a la mienne et je peux l'entendre avec Frère Jean Petiaut, j'ai voulu le reprendre et le lui défendre, il m'a dit qu'il y coucherait malgré moi...
     Le 28 décembre, fête des Saints Innocents. Vigor est allé courir l'après midi avec un petit chien a queue courte, qu'il menait avec une corde a la manière d'un bateleur, si bien qu'il ne daigna pas assister aux Vêpres.
      Le jeudi après Noël j ’ai posé une serrure a la porte du dortoir, pour empêcher Frère Vigor de courir la nuit, mais aussitôt il déroba la clef le vendredi matin et la porta a notre Révérend Père Abbé, lui faisant croire qu'elle était celle de sa chambre et lui en fit remettre une autre...
      Le dimanche 9 janvier, Monsieur le Révérend Père Abbé Megretet et moi, nous étions chez Peczu à Savenay et le Frère Victor ne cessa de courir toute la journée une arquebuse sur l'épaule, quoique je lui eus ordonné de rester a l'abbaye...
      Le vendredi 10 février mon Frère Vigor était a courir et ne fut ni a Tierce, ni a la Grand'messe, si bien que Frère Petiud et moi étions si enrhumés que nous ne pouvions parler et que nous fûmes obligés de dire la messe a voix basse, en l'absence de Frère Vigor...
      Le 16 juin. Frère Vigor quitta l'abbaye vers neuf heures du soir et coucha dehors. Il ne fut pas a vêpres, ni a Compiles, ni le lendemain a Matines, ni a Prime et depuis l'on m'a dit qu'il était a faire des luttes au presbytère de La Chapelle-Launay. Les jours suivants, il en fut de même...
      Le 20 juillet. Frère Vigor entra au verger et emporta toute la récolte d'un jeune poirier et le lendemain  il s'en alla les porter pour faire plaisir, et il arriva aux Vêpres en sueur, en eau a sa manière habituelle. Quand le Père Abbé Megretet qui l'avait autorisé à courir (...), il voulut le frapper et lui tira la langue : il lui fit si peur que celui-ci demeura bien malade au lit le lendemain... »

Frère Vigor se promène avec son chien, une arquebuse  à l'épaule sans porter l'habit bénédictin, joue aux boules, vole l'argent d'un valet de ferme,  se mesure avec les costauds du voisinage dans les presbytères et va à la pêche aux grenouilles.
Si en 1572, la visite régulière lui est encore défavorable, l'année suivante il semble s'être  amendé de façon radicale ; il est mentionné normalement et il en ira de même ensuite. En  1587, il figure comme Vicaire Général du Révérend Père Abbé. Il deviendra Procureur de  l'abbaye. Le Pape Clément VIII le nommera Prieur de Saint-Hilaire du Tertre en Lavau en 1595.
Dom Hector Vigor sera le dernier Prieur régulier de Saint-Hilaire du Tertre.

Texte tiré du document
Prieuré St Hilaire du Tertre - Eglise paroissiale de Lavau
de Daniel Andrejewski et Véronique Daboust

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Le Prieuré passe en commende

A la mort du prieur Hector Vigor c'est Jean Biré, premier prieur commendataire, qui lui succède puis son neveu René Biré
En 1627 le procureur de l'Abbaye demande 20 livres, 24 trullées de fèves et 114 livres de beurre.
En 1644 la rente en nature est transformée en une rente de 120 livres par une entente entre l'abbé commendataire de Blanche Couronne et le prieur commendataire du Prieuré, René Biré.

Au XVIIème siècle les de Cornulier deviennent les prieurs népotiques (transmission familliale)

D'abord Jean-Baptiste, ensuite son frère appelé également Jean Baptiste de Cornulier sieur du Pesle
le suit Claude, un cousin tonsuré

Après le concordat, le 28 décembre 1684 un procès avec l'abbaye de St Maur intenté par Claude de Cornulier portant sur cette obligation de rente permet à la lecture de la consultation d'un juriste du parlement de Rennes d'avoir un idée plus précise de la nature de ces prieurés.
"Les religieux (bénédictins de St Maur) sont bien fondés à demander la poursuite de la rente, car une telle charge sur un prieuré de la même abbaye loin d'être extraordinaire, est naturelle et fondée en justice. En effet tous les prieurés dépendant des abbayes ne sont, dans leur origine, que des administrations de biens qui pour cause d'éloignement ne peuvent être gérés commodément.
Pour cette raison, des religieux obédentiers récoltaient les profits pour la mense* de l'Abbaye, pour cela les prieurés furent appelés au XIe et XIIe siècles cella et grange (cellae et grangiae).
Avec le temps on y mit des moines résidents chargés de contribuer à la mense* abbatiale
.
Ainsi de tels revenus sur les prieurés sont légitimes, ordinaires et favorables"
* Mense = revenus

Enfin un autre Claude, le frère du précédent qui désirait se marier et qui se démit du prieuré entrera en possession de son bénéfice en 1695.


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La fin ...

Le 5 juin 1695 prise du "bénéfice" par Claude de Cornulier

Le nouveau prieur, accompagné de son procureur, du sieur du Brossay Jean François, ancien conseiller et adjoint du maire de Nantes et du sieur Vincent Magouet du Mont des Ornes (Ormes), avocat à la Cour, ne trouvant pas ce à quoi il s'attendait, demanda:
Où estaient les maisons priorales dudit prieuré?

On lui répondit :

Q'elles estaient entièrement ruinées et il qu'il n'en restoit que de vieilles masures situées sur le bord de la rivière de Loire. Le service s'en faisait et s'estoit toujours fait en l'église sucursalle de Bouée

Il leur fut donc impossible de prendre possession du prieuré selon les formes rituelles. Il se contenta de faire le tour desdites masures.
Le groupe se transporta à l'église de Bouée pour remplir le reste des formalités
.

On peut se poser la question de savoir pourquoi les offices se déroulent à Bouée et non en l'église de Lavau.
Sans doute pour les mêmes raisons qui ont pousser à bâtir au Tertre, la proximité des biens du prieuré au delà de l'étier du Syl et l'église de Bouée étant plus facilement accessible. Le franchissement du Syl étant à cette époque difficile, il n'y avait pas de pont digne de ce nom et les habitants ont du, jusqu'à une époque récente, se rendre de Bouée à Lavau en contournant les marais par Savenay.

 
 
Le Tertre en 1935 - Photos prises par Émile Viaud
 

En 1695 le prieuré Saint Hilaire du Tertre est donc en ruine et les offices se font à l'église de Bouée.
Ceci confirme bien le souvenir local qui rapporte qu'à la Révolution le prieuré était en ruines, et pour cause:
On peut en effet, sans crainte de se tromper, affirmer que les bâtiments ont été délaissés au cours de la seconde moitié du XVIème siècle.
En effet les moines y habitaient encore dans la première moitié du XVIème siècle puisque qu'en 1521 frère Jehan de Saint Aubin, religieux de Banche Couronne et prieur du tertre obtint une maintenue sur sa possession d'aller et venir dudit prieuré au bourg de Bouée.
Ce qui ne veut pas dire que les biens ne fournissaient plus de rentes mais que la présence de moines n'étaient plus nécessaire à cet endroit.!
On peut noter que c'est également bien avant la Révolution que le Prieuré Sainte Anne de Rohars, tout proche et dépendant de l'abbaye Sainte Marie de Pornic, fut abandonné par les moines alors que la rente elle continuait de rapporter au prieur commandataire.
Par ailleurs un titre de 1669 constate que la chapelle ne peux plus servir depuis plus de cent ans.

Comme il est précisé que le service de prise de bénéfice s'était toujours fait dans l'église de Bouée cela confirme aussi qu'à la date de passage en commende du prieuré la chapelle était déjà inutilisable. Or nous sommes à ce moment là au tout début du XVIIème siècle. Il est fort probable que la chapelle primitive de Bouée dès le XVIe siècle ait été déjà régulièrement utilisée par les moines de Saint Hilaire.

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Une légende : les Normands sont à l'origine de la destruction du couvent St Hilaire !!

Fraslin en parle et Jean Rolland l'affirme dans son Histoire illustrée de Savenay : les ruines du couvent St Hilaire sont le témoignage du passage des normands venus envahir la Bretagne...
Si Fraslin parle d'une rumeur bien vague et sans chercher à la vérifier, l'affirmation péremptoire de Jean Rolland laisse songeur.

En effet les invasions des Normands ont débuté en 843, année où ils ont pillé la ville de Nantes et, selon la tradition, tranché la tête de l'évêque Gohard au pied de l'autel de la cathédrale le 24 juin après avoir massacré les habitants qui y avaient trouvé refuge.
"L'évêque se relève, ramasse sa tête et, suivi par les Normands stupéfaits, gagne les rives de la Loire. Là un bateau l'attend, sans voile ni rame, qui remonte le fleuve puis la Maine, jusqu'à Angers, la ville natale de Gohard. Les cloches de la ville se mettent alors à sonner d'elles-mêmes, jusqu'à ce que le clergé vienne en gande pompe accueillir le saint martyr afin de l'enterrer dans l'ancienne église Saint-Pierre." Cet épisode relatant un cas de céphalophorie fait partie intégrante de la mythologie de la ville de Nantes.

Ces invasions perdureront au IXème et Xème siècle jusqu'à ce qu'Alain de Barbetortre chasse les envahisseurs et fonde le duché de Bretagne en 936.
Il est évident que notre région n'a sans doute pas été épargnée par les pillards remontant l'estuaire de la Loire mais à une époque où ni l'Abbaye de Blanche Couronne et encore moins le Prieuré du Tertre n'existaient.

Comme nous l'avons vu le Prieuré n'a pu être créé avant le début du XIIIème siécle soit près de 400 ans après la première invasion normande et en 1469 les bâtiments du prieuré était encore intacts.

Dans un acte de 1678 il est précisé que la destruction du prieuré est due "aux inondations de la Loire"
"La chapelle, maison priorale dudit prieuré, commendataire du Tertre, situé en la paroisse de Lavau il y a longtemps tombé en ruyne par l'inondation des eaux; estant lesdites maisons près le bord de la Loire de sorte qu'il ne reste plus que partie des vieilles murailles"

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Mes sources

Les informations sont issues pour l'essentiel de l'étude historique
L'ABBAYE DE BLANCHE COURONNE
et ses prieurés
de Georges Durville
Cette étude a été publiée par l'Association culturelle Bretagne Vivante

Editée en 1984 elle contient les travaux effectués par le chanoine Georges Durville vers 1927 et jamais édités auparavant faute de crédits. Ces travaux sont à la source de la plupart des publications ultérieures qui souvent oublient de citer leur auteur est-il précisé en préface...
Ainsi, sans doute, la plaquette éditée sous le nom de
Prieuré St Hilaire du Tertre - Eglise paroissiale de Lavau
de Daniel Andrejewski et Véronique Daboust
reprend en partie les travaux de Georges Durville. Disponible à l'abbaye de Blanche Couronne, elle a été éditée à l'occasion du 4ème centenaire du Prieur-Curé Dom Hector Vigor : 1595
Mais contrairement à ce qui est indiqué dans la plaquette l'église de Lavau n'a rien à voir avec le prieuré Saint Hilaire du Tertre.

A l'époque de sa fondation le prieuré était effectivement situé sur la paroisse de Lavau et dépendant de l'abbaye de Blanche Couronne en la Chapelle Launay. Mais l'église paroissiale et le prieuré sont deux entités historiques et géographiques distinctes et le prieuré possédait sa propre chapelle située au Tertre.
L'église n'a évidemment jamais fait partie des biens du prieuré Saint Hilaire du Tertre.
L'étier du Syl ayant été choisi comme frontière à la création des deux communes le Tertre s'est retrouvé sur le territoire de Bouée malgré les réclamations des lavausiens de l'époque.

Il y a un amalgame, dans cette plaquette, assez incompréhensible entre la paroisse de Lavau et le prieuré du Tertre.
D'ailleurs, en 1695, il est précisé dans un acte que, la chapelle étant en ruine, le service s'en faisait et s'estoit toujours fait
en l'église succursale de Bouée. Ce n'est même pas l'église de Lavau qui était utilisée mais celle de Bouée.

Toutefois j'ai utilisé le travail des auteurs de la plaquette lorsqu'ils font état d'archives qui n'existent pas dans l'ouvrage de Durville.

Également Bernard David pour des remarques et précisions

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